Analyse des besoins en formation des acteurs de la filière cacao pour la production d’un cacao durable dans la commune de Messok à l’est du Cameroun

Ce mémoire, réalisé dans le cadre du master MIFAR, analyse les besoins en formation des acteurs de la filière cacao face aux changements intervenant dans cette filière.

L’étude s’appuie sur l’analyse de la filière cacao dans la localité de Messok à l’Est du Cameroun. En effet, la localité de Messok est l’un des principaux bassins de production du cacao de la région de l’Est Cameroun, avec un verger vieillissant et des pratiques agricoles traditionnelles exercées par la plupart des producteurs, selon le rapport de l’étude diagnostic de la filière dans cette commune.
Au vu de cet état des lieux et du changement de paradigme en cours au sein de la filière, qui promeut la production d’un cacao durable sans déforestation et de l’entrée en vigueur du règlement de l’Union Européenne contre la déforestation (RDUE), la question de la capacité des acteurs de la filière à s’adapter à ce nouveau contexte trouve toute son importance. L’étude aborde cette question : Les compétences actuelles des producteurs de cacao de Messok permettent-elles de répondre aux exigences de la filière ?

Les résultats de l’étude montrent que des efforts restent à faire au sein de la filière pour se conformer aux exigences du RDUE. Le croisement entre le référentiel de compétences agroforestier et les compétences réelles des producteurs appréhendées à travers les enquêtes révèle que les techniques de production traditionnelles mises en œuvre par les producteurs révèle l’écart de compétences et la faible capacité des producteurs de s’arrimer au RDUE. Il ressort que les producteurs de type 1 (Producteurs ayant une moyenne exploitation, alphabétisé, appartenant à une OP), type 2 (Producteurs ayant une grande exploitation, non alphabétisé, appartenant à une OP) et type 4 (Producteurs ayant une moyenne exploitation, non alphabétisé, n’a appartenant pas à une OP) ne maitrisent pas les techniques de production durable du cacao alors que les producteurs de type 3 (Producteurs ayant une petite exploitation, alphabétisé, n’a appartenant pas à une OP) sont aptes à cette production durable. Par ailleurs, les producteurs de types 2 et 4 ont des faiblesses en gestion financière et des procédures d’obtention de financement alors que la plupart des producteurs de types 1 et 3 ont développé ces aptitudes grâce à leurs activités connexes à l’instar du commerce, le fonctionnariat, etc. Quant aux coopératives, les dysfonctionnements observés, tel que le non-respect de la loi et des principes OHADA, montrent qu’elles ont tout d’abord besoin de structuration profonde, puis de formation sur les exigences du RDUE, les techniques de
production d’un cacao durable et en fin des techniques de traitement post-récolte.

S’agissant des modalités pédagogiques à mobiliser, les producteurs de cacao et les coopératives sollicitent des formations en présentiel en langue locale de préférence (badjué). Par ailleurs, les autres acteurs inscrits dans la chaine de commercialisation (acheteurs agréés, coxeurs, exportateurs) maitrisent les exigences du RDUE ; cependant la contrainte majeure de ces derniers est le financement nécessaire à s’arrimer aux nouvelles exigences. En somme, bien que la chaine de valeur cacao dispose d’un nombre d’acteurs important d’accompagnement (Etat, ONG, OP, services d’accompagnement et d’appui conseil), force est de constater l’absence de synergies dans les actions menées sur le terrain. Cet état de chose empêche d’avoir un impact significatif sur les principales cibles (producteurs) notamment en ce qui concerne les exigences de la filière et du marché.

Auteur : ZE NKOTTO HERMANN ARNAULD

Date de parution : Mai 2026

PDF : MEMOIRE_MASTER_MIFAR_Hermann-ZE_VF.pdf