Le Cameroun, pays à forte vocation agricole, s’est engagé dans un processus de relance de la filière café à travers le Projet d’Appui à la Relance et à la Filière Café (PARF-CAFÉ), dans un contexte marqué par la baisse de la productivité, la dégradation des sols, du règlement de l’Union Européenne contre la Déforestation (RDUE) et la nécessité d’une transition agroécologique durable. Dans cette dynamique, les Champs Écoles Producteurs (CEP) constituent un dispositif clé de formation participative des producteurs.
Ce mémoire, réalisé dans le cadre du master MIFAR, analyse les besoins en formation des facilitateurs des Champs Écoles Producteurs (CEP) du PARF-CAFÉ. Il vise à élaborer un plan de formation des facilitateurs du PARF-CAFE afin d’accompagner les producteurs vers la transition agroécologique dans ladite filière au Cameroun.
La démarche méthodologique adoptée s’appuie sur une démarche qualitative et combine une revue documentaire sur la formation des adultes, l’approche par compétences et l’agroécologie, avec des enquêtes de terrain conduites auprès des facilitateurs, leurs superviseurs et les acteurs institutionnels.
Les résultats révèlent que, si les CEP jouent un rôle central dans la diffusion des savoirs agricoles, une grande partie des facilitateurs manquent de compétences spécifiques en agroécologie (fertilisation organique, gestion intégrée des ravageurs, conservation des sols, agroforesterie) et en pédagogie participative. Les insuffisances portent également sur le suivi-évaluation des apprentissages, la communication pédagogique, et la planification des activités de formation. Pour faire face à ces insuffisances, l’étude a proposé un plan de formation visant à construire 8 compétences regroupées autour de 2 principaux domaines (technique, pédagogique) en vue de renforcer les capacités des facilitateurs, dans le but d’accompagner les producteurs à répondre aux exigences contemporaines en matière de production des cafés. Pour y parvenir, cette étude recommande le renforcement des capacités des facilitateurs par la mise en œuvre d’un programme de formation continue et d’accompagnement post-formation, la synergie entre les acteurs institutionnels, techniques et financiers pour consolider le dispositif de formation, ainsi que la poursuite de la recherche et de la capitalisation des bonnes pratiques en appui à la transition agroécologique durable de la filière café au Cameroun.