Abidjan-Bonoumin a abrité, les 20 et 21 novembre 2025, un atelier de partage d’expériences sur l’agroécologie en Côte d’Ivoire, organisé à l’initiative de l’INADES Côte d’Ivoire. Cette rencontre a rassemblé plus d’une vingtaine de professionnels issus d’institutions publiques, de ministères sectoriels, de structures techniques d’encadrement et d’organisations non gouvernementales, engagés dans la promotion de systèmes agricoles durables. Invité à cette rencontre, le Réseau Formation Agricole et Rurale de Côte d’Ivoire (FAR-CI) y a pris part en qualité d’acteur de l’ingénierie de formation en agroécologie, contribuant aux échanges sur les dispositifs de renforcement des capacités et la professionnalisation des acteurs.
Des avancées technologiques prometteuses, encore peu diffusées
Les échanges ont mis en lumière des perspectives encourageantes pour le développement de l’agroécologie en Côte d’Ivoire, notamment dans le contexte de l’adoption de la Loi d’Orientation Agricole (LOA). Que dit cette loi ?
Cette loi consacre désormais la reconnaissance des métiers de l’agropharmacie, ouvrant la voie à l’émergence de professionnels spécialisés dans la santé des sols, la protection des cultures et la prestation de services auprès des producteurs agricoles.
Toutefois, malgré l’existence de technologies adaptées, leur faible pénétration dans les systèmes de production agricoles demeure un défi majeur. Les expériences partagées lors de l’atelier en témoignent.
Le dispositif Bokashi : une innovation à fort potentiel
À travers leurs interventions, le Réseau Bokashi Ivoire et l’INADES Côte d’Ivoire ont présenté les résultats obtenus à Daloa et à Niellé, où ils ont facilité le processus de fabrication du compost Bokashi. Cette innovation permet désormais une maturation du compost en seulement 21 jours, avec une adaptation aux conditions spécifiques des systèmes de production locaux.
Ces dispositifs contribuent efficacement à la restauration de la fertilité des sols, en favorisant la préservation de la faune et de la flore du sol.
Le défi de la mise à l’échelle et de la collaboration
Comme souligné au fil des discussions, les acteurs de la recherche non conventionnelle et de l’accompagnement du développement sont confrontés à une insuffisante de synergie entre structures, limitant la mutualisation des ressources et la mise à l’échelle des innovations agroécologiques éprouvées.
Un appui structurant du Réseau FAR et de l’AFD
Dans cette dynamique, le Réseau International Formation Agricole et Rurale, avec l’appui de son partenaire financier, l’Agence Française de Développement (AFD), dans le cadre des appels à projets, accompagne depuis deux ans l’INADES Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre du projet de Promotion des Pratiques Agroécologiques par le renforcement des Cercles d’Innovateurs Locaux et d’Apprentissage Communautaires (2PA-CILAC). Ce projet a permis à plus de 750 producteurs à Niellé et à Daloa d’adopter des pratiques de restauration des sols à travers les dispositifs Bokashi.
Vers un cadre national de synergie en agroécologie
En cohérence avec les recommandations du « Regional Forum on Agroecology and Organic Agriculture in West Africa », tenu en octobre 2024 à Abuja (Nigeria), l’atelier a réaffirmé la nécessité de la mise en place d’un cadre national de concertation, visant la synergie, la mutualisation et l’harmonisation des initiatives en agroécologie.
Les travaux ont également orienté les acteurs vers la création d’Organisations Spécifiques de Services aux Producteurs (OSP), appelées à jouer un rôle clé dans le développement, la diffusion et la valorisation des outils et technologies issus de l’agroécologie.
Produire sans détruire, un devoir citoyen
KISSY Kraidy Michel
Conseiller Économique, Social, Environnemental et Culturel en Côte d’Ivoire
Membre du réseau FAR-CI
V.valley77@gmail.com