Évaluation des effets des formations continues en agroécologie sur les bénéficiaires, leurs exploitations et dans les territoires : Cas de l’expérience du Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) dans la région de l’Est Cameroun

Ce mémoire, réalisé dans le cadre du master MIFAR, analyse les effets des formations continues en agroécologie développées par le SAILD sur les bénéficiaires, leurs exploitations et dans les territoires d’intervention du projet dans la région de l’Est Cameroun.

L’étude s’appuie sur l’analyse de la filière cacao dans la localité de Messok à l’Est du Cameroun. En effet, la localité de Messok est l’un des principaux bassins de production du cacao de la région de l’Est Cameroun, avec un verger vieillissant et des pratiques agricoles traditionnelles exercées par la plupart des producteurs, selon le rapport de l’étude diagnostic de la filière dans cette commune.
Au vu de cet état des lieux et du changement de paradigme en cours au sein de la filière, qui promeut la production d’un cacao durable sans déforestation et de l’entrée en vigueur du règlement de l’Union Européenne contre la déforestation (RDUE), la question de la capacité des acteurs de la filière à s’adapter à ce nouveau contexte trouve toute son importance. L’étude aborde cette question : Les compétences actuelles des producteurs de cacao de Messok permettent-elles de répondre aux exigences de la filière ?

Les entretiens semi dirigés ont été menés auprès des bénéficiaires, des formateurs et des responsables de mise en œuvre du projet pour comprendre comment les formations ont été conçues et mise en œuvre, et ressortir les effets de la formation à deux niveaux notamment sur le plan technico-économique et sur plan social.

Il ressort que l’émergence des formations continues développées par le SAILD dans la région de l’Est Cameroun s’est faite sur la base de références documentaires, des enquêtes nutritionnelles de 2014 et d’un diagnostic participatif auprès des producteurs. La stratégie d’intervention s’appuie sur les facilitateurs endogènes et les champs écoles paysans. L’approche pédagogique mise en œuvre pour la formation des facilitateurs endogènes était basée sur 30% des enseignements théoriques et 70% des enseignements pratiques.

Sur le plan technico-économique, il ressort que les formations ont permis de développer plusieurs compétences dans les pratiques agroécologiques aussi, l’association des cultures et la rotation des cultures avec une légumineuse ont été l’une des pratiques les plus adoptées respectivement à 71 et 80 %. En revanche, la pratique du compostage n’a pas été adoptée bien qu’étant l’une des thèmes des formations dispensées. Par ailleurs, les producteurs estiment que la mise en œuvre des pratiques agroécologiques a eu un effet significatif sur la fertilité des sols, la conservation des semences, l’augmentation des rendements et par conséquence sur les revenus des producteurs.

Sur le plan social, les formations développées par le SAILD ont fait naître dans le territoire les opportunités économiques en lien avec le secteur agricole. Un autre effet social des formations a été la cohésion sociale avec l’animation des champs-écoles paysans. Cependant plusieurs difficultés liées à la mise en oeuvre des formations ont été soulignées par les acteurs. Il s’agit plus particulièrement de l’insuffisance de moyen financier pour accompagner d’avantage les producteurs, la mise en marché des produits issus de l’agroécologie, une politique de financement agricole plus accentuée sur l’agriculture conventionnelle, le taux élevé de participants non alphabétisés aux formations qui rend quelques fois plus ardu le partage des connaissances.

Auteur : TABUE TAGNE ERIC

Date de parution : Juin 2026

PDF : Memoire_MIFAR_TABUE.pdf