Ce mémoire, réalisé dans le cadre du master MIFAR, analyse les stratégies d’insertion socioprofessionnelle développées par les jeunes sortis du lycée technique professionnel et agricole de Yabassi (LTPAY) au Cameroun.
Ces jeunes formés finissent la formation très jeune, ce qui pousse 60 % d’entre eux à continuer leur formation après l’obtention de leur Baccalauréat.
10 jeunes sortis du LTPAY ont rempli le guide d’entretien, la majorité appartenant aux trois départements à savoir : Production Végétale, Production Animale et Transformation, Conservation des Produits Agricoles. Ils ont affirmé avoir obtenus les compétences visées, tandis que ceux du département de Maintenance des Équipements Agricoles ont relevé une insuffisance des compétences requises.
Les 11 apprenants encore en formation au LTPAY affirment avoir acquis des compétences théoriques solides mais relèvent des insuffisances dans les travaux pratiques dues au manque de matière d’œuvre et à l’absence d’électricité. La majorité envisage de poursuivre des études universitaires après l’obtention du Baccalauréat plutôt que de s’insérer directement, reproduisant ainsi la même trajectoire que leurs aînés. L’approche pédagogique est sujette à des contraintes liées à la difficulté de la disponibilité de la matière d’œuvre, la courte durée des stages, l’inadéquation entre la spécialisation de la formation et la polyvalence sur le terrain, l’inadéquation entre le calendrier académique et le calendrier agricole.
Il ressort que 20 % des enquêtés se sont inséré après leur formation au LTPAY grâce au financement de la famille, au recrutement dans les entreprises agricoles et par financement sur fonds propres et efforts personnels. L’accès à la terre s’est fait par achat, location et par héritage. Aucun enquêté n’appartient à une Organisation Paysanne (OP) et aucun n’a bénéficié d’un projet d’insertion étatique. Cependant, tous les enquêtés soulignent le manque de financement comme obstacle majeur à leur insertion. L’absence des jeunes dans les programmes d’insertion après l’obtention du Baccalauréat peut être un frein pour le développement individuel et collectif. Il est donc nécessaire que ces jeunes s’insèrent dans des programmes d’insertion en fonction de leur domaine de formation.