Du 19 au 22 mai 2026 à Lomé (Togo), le Réseau FAR a réuni les porteurs des 15 FAR Projets, les représentants des réseaux nationaux et ses partenaires pour un atelier de capitalisation et de partage d’expériences. Quatre jours d’échanges pour tirer les enseignements de deux années d’expérimentation, renforcer les liens entre acteurs et réfléchir ensemble à l’avenir de ce dispositif innovant d’accompagnement de la formation agricole et rurale.
Quinze projets, plus de 5 000 bénéficiaires et de nombreux enseignements
Depuis 2023, le Réseau FAR accompagne 15 projets de formation agricole et rurale dans neuf pays africains. Portés par des organisations diverses – centres de formation, organisations professionnelles agricoles, ONG ou réseaux d’acteurs –, ces FAR Projets ont permis de tester des approches innovantes en matière d’agroécologie, de formation des jeunes et des femmes, d’entrepreneuriat rural ou encore de digitalisation des dispositifs de formation.
En ouverture de l’atelier, deux chiffres ont particulièrement retenu l’attention : 15 projets soutenus et plus de 5 000 bénéficiaires touchés.

Pour Flavien Anno, représentant de l’Agence française de développement (AFD), ce dispositif constitue une réussite collective :
FAR Projets était un pari. L’objectif était de toucher davantage d’acteurs sur le terrain en complément des autres activités du Réseau FAR. Aujourd’hui, nous pouvons constater que ce pari a été réussi grâce à l’engagement de tous.
Dans un contexte marqué par la diminution des financements internationaux dédiés aux subventions, les échanges ont également rappelé l’importance de réfléchir dès aujourd’hui à la pérennisation des dynamiques engagées.
Le directeur de la Direction de l’entreprenariat et la finance agricole (DEFA) du Togo a, quant à lui, souligné le rôle stratégique de la formation agricole et rurale pour le développement des territoires :
La formation agricole et rurale est un levier stratégique de développement. L’enjeu n’est pas seulement de former, mais aussi de favoriser l’insertion des jeunes et des femmes et de créer des opportunités économiques durables.

Partager ses expériences
La première journée a permis aux participants de découvrir les projets portés dans les différents pays grâce à une déambulation de présentation de projets. Pour beaucoup, ce temps d’échanges a constitué l’une des réussites de l’atelier.
Les webinaires thématiques nous avaient déjà permis de découvrir certains projets, mais cette rencontre nous a donné une vision beaucoup plus concrète de ce qui a été réalisé, a résumé un participant lors de l’évaluation finale.


Les participants ont également expérimenté un outil d’intelligence collective : l’« accélérateur de projets ». À partir de problématiques concrètes rencontrées par les porteurs, les participants ont travaillé collectivement à l’identification de solutions et de pistes d’amélioration.
Cette démarche a favorisé les échanges entre pairs et permis de valoriser l’expertise développée dans différents contextes. Les problématiques ont notamment porté sur l’approvisionnement des matières premières animales et/ou végétales (Inades-Formation Côte d’Ivoire), sur l’implication des femmes dans les formations (Réseau SOA), sur la digitalisation et l’accessibilité des formations (Inades-Formation Togo), sur l’accès au marché et la commercialisation des produits agroécologiques (ISETA, REJEPPAT), ou encore sur la pérennisation des réseaux nationaux FAR (AbéFAR).
Des changements sur les territoires
La deuxième journée a été consacrée à l’identification des effets et changements observés dans les projets. Les travaux de groupe ont mis en évidence plusieurs évolutions communes.
- Au niveau des structures porteuses, les participants ont relevé un renforcement des compétences en ingénierie de formation, une meilleure structuration des organisations, une visibilité accrue auprès des institutions et le développement de nouveaux partenariats avec les collectivités territoriales, les services techniques ou les organisations professionnelles. Pour plusieurs porteurs, FAR Projets a également représenté une première expérience de gestion de financement, contribuant à renforcer leur crédibilité auprès d’autres partenaires.
- Du côté des bénéficiaires, les principaux changements observés concernent l’adoption de pratiques agroécologiques, l’amélioration des compétences techniques, le développement d’activités économiques et l’autonomisation des femmes.
- Les participants ont également identifié des effets indirects importants : digitalisation de contenus de formation, diffusion des innovations au-delà des bénéficiaires initiaux ou encore renforcement institutionnel de certaines organisations.


Des visites de terrain inspirantes
L’atelier s’est poursuivi par la visite du centre de formation continue CERPA, développé dans le cadre de FAR Projets par le Réseau National des Acteurs de l’Agroécologie du Togo (RéNAAT). Les participants y ont découvert les activités de production de biofertilisants, les dispositifs de formation mis en place et les résultats obtenus auprès des bénéficiaires.Cette immersion a suscité de nombreuses discussions sur les possibilités d’adaptation et de réplication dans d’autres contextes.


La visite du centre SICHEM au retour a également permis de découvrir un centre de formation initiale et continue togolais. Son modèle économique, fondé sur la participation active des apprenants et le développement d’activités génératrices de revenus, a particulièrement retenu l’attention.


Capitaliser pour mieux agir demain
Les deux dernières journées ont permis d’entrer au cœur du processus de capitalisation.
Répartis en groupes de travail, les participants ont analysé les différentes étapes de FAR Projets : lancement de l’appel à projets, soumission, sélection, conventionnement et suivi de la mise en œuvre, clôture.
Cette démarche a permis de valider les données collectées, d’identifier les principaux enseignements du dispositif et de formuler des recommandations pour d’éventuelles futures éditions.
Les participants ont également contribué à la rédaction de fiches pratiques sur plusieurs thèmes clés : ancrage territorial, innovation, levier structurant pour les organisations, renforcement des capacités, ou encore équilibre entre cadre structuré et souplesse de mise en œuvre.
Pour plusieurs participants, cette étape a permis de découvrir une vision plus large de la capitalisation.
« Je pensais que nous allions uniquement revenir sur la mise en œuvre des projets. Finalement, nous avons travaillé sur tout le processus, du lancement jusqu’à la clôture. »
Valoriser les expériences et renforcer la communication
La dernière journée a également accordé une place importante aux questions de valorisation et de communication. Les participants ont échangé sur les pratiques mises en œuvre pour faire connaître leurs projets, partager les résultats obtenus et mobiliser différents publics.
Un constat a émergé des discussions : communiquer ne consiste pas uniquement à présenter des activités réalisées, mais surtout à valoriser les changements concrets observés sur les personnes, les organisations et les territoires.


À travers différents exercices, les participants ont réfléchi collectivement aux messages clés permettant de mieux faire connaître les impacts de FAR Projets. Morceau choisi :
FAR Projet, un appel à projets innovant !
- Améliorez la structure de votre centre de formation
- Maximisez son impact sur nos territoires
- Améliorez concrètement la vie de vos bénéficiaires
Un atelier participatif et riche en apprentissages
L’évaluation réalisée en clôture confirme l’adhésion des participants à la démarche proposée.
Invités à qualifier leur ressenti en un mot, ils ont choisi des termes tels que : participatif, dynamique, formateur, instructif, innovant, co-construction, partage, engagement, espoir ou encore découverte.
Les méthodes d’animation ont été particulièrement appréciées. Les participants ont salué la diversité des formats proposés, l’équilibre entre réflexion collective et échanges informels ainsi que la place accordée à chacun dans les discussions.
Parmi les principaux acquis mentionnés figurent :
- la découverte des projets portés dans d’autres pays ;
- la compréhension du processus de capitalisation ;
- les techniques d’animation et de partage d’expériences ;
- la richesse des échanges entre porteurs de projets et réseaux nationaux ;
- les liens créés au sein du Réseau FAR ;
- l’importance de mieux communiquer sur les résultats et les impacts des projets.
Plusieurs participants ont également souligné l’intérêt des visites de terrain et la qualité des documents produits dans le cadre de la capitalisation.




Une dynamique à poursuivre
Au moment de la clôture, un sentiment commun se dégageait : celui d’avoir participé à une expérience collective utile, concrète et porteuse d’avenir.
Au-delà des livrables produits, l’atelier a permis de renforcer les liens entre acteurs, de faire émerger des solutions communes à des problématiques partagées et de valoriser les changements générés par FAR Projets sur les territoires.
Dans un contexte de forte évolution des financements du développement, les participants ont également rappelé l’importance de poursuivre les réflexions sur la pérennisation des réseaux nationaux, la diversification des partenariats et le renforcement des capacités des organisations.
Comme l’a souligné le président du Réseau FAR lors de la clôture :
Malgré le contexte difficile, nous restons ensemble et nous nous serrons les coudes. Les résultats obtenus montrent que cette dynamique est pertinente. À nous maintenant de la faire grandir.

L’équipe du Réseau FAR
FAR Projets, un dispositif coordonné par Ny Ando RAKOTOMAMPIONONA (appui pays) avec l’appui technique de Marie BALSE (ingénierie de formation et capitalisation), Marie PICARD (communication) et Audrey SIRVENTE (suivi-évaluation et genre).